Un sacre

Place Charles Huguenel à Valence

365 : c’est le nombre de personnes que Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix ont décidé de rencontrer pendant un an. Chaque jour, ils ont tenté de rompre l’isolement causé par la crise sanitaire en parlant, plusieurs heures durant, avec des personnes qu'ils ne connaissaient pas. Cherchant à savoir comment résonnait, dans leur vie ou leur parcours professionnel le mot de réparation, Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix ont rassemblé des récits aussi variés qu’insoupçonnables.

Il y a celles et ceux qui n’ont pu enterrer leurs proches, qui se sont exilés, qui sont incarcérés. Celles et ceux qui prennent soin des endeuillés ou qui s’efforcent de reconstruire ce que la violence et l’abandon ont brisé en eux. « Toutes et tous nous ont confié quelque chose qu’ils ou elles n’avaient jamais dit à personne, indique la metteuse en scène, c’est ce qui fait la rareté et le caractère précieux de ces paroles ». À la manière des pleureuses antiques, les interprètes, portant un secret qui ne leur appartient pas, tentent de faire de la scène une « hétérotopie » selon le concept forgé par Michel Foucault.

Dans ce lieu réel où faire exister l’utopie, les histoires vraies qui nous sont ainsi léguées interrogent le sens même de la fiction : comment peut-elle répondre au réel ?

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