Une histoire entre Rhône et Vercors

  1. Panorama d’un territoire
  2. Quand les matériaux font patrimoine
  3. Quand l’histoire fait patrimoine…
  4. Un territoire rural qui se transforme
  5. Des villes qui se développent
    1. Romans l’industrielle…
    2. Valence, commerçante et administrative…

Panorama d’un territoire

Le territoire labellisé « PAYS D’ART ET D’HISTOIRE » depuis juin 2016, couvre 13 % de la superficie du département de la Drôme et s’inscrit le long du fleuve Rhône et de part et d’autre de la rivière Isère. Ces deux voies fluviales majeures structurent l’espace par une césure composant des entités paysagères fortes : Romans et les collines drômoises, les Chambarans et leurs masses boisées au nord, le couloir rhodanien avec Valence et la plaine agricole étagées d’ouest en est depuis le Rhône jusqu’aux piémonts du Vercors. Noyers dans le nord du territoire et abricotiers, pêchers, cerisiers plus au sud, ont fait de cette région une petite partie du « premier verger de France ».
La diversité et la beauté de ces paysages, alliées à une remarquable richesse historique et patrimoniale, fondent la qualité du cadre de vie et l’attractivité de notre territoire.

Quand les matériaux font patrimoine

Le patrimoine bâti en général, qu’il soit urbain ou rural est dominé par la pierre de molasse, dont les carrières de Châteauneuf-sur-Isère, à égale distance entre Romans et Valence, ont été exploitées de l’Antiquité au XIXe siècle. Son aspect d’usure et sa tonalité ocre contribuent à attribuer une identité particulière au territoire.
Autre matériau local, le tuf du Vercors, extrait de la carrière de Peyrus. Il possède des qualités de légèreté et de solidité, ses bans les plus homogènes ayant permis la construction de monuments remarquables, comme la mairie de Chabeuil.
L’habitat domestique, fermes-hameaux et murets en galet ou en pisé, parfois les deux en mélange (tous deux sont collectés dans la plaine), ponctuent le paysage d’openfield des plaines de Valence et de Romans. Ces matériaux ont dessiné notre patrimoine bâti depuis la période antique.

Quand l’histoire fait patrimoine…

La période des guerres de Religion a laissé d’importantes traces dans les patrimoines sur l’ensemble du territoire, principalement sur les communes situées dans la partie sud de l’agglomération, les églises et monastères devenant les cibles du vandalisme iconoclaste. La présence conjointe quasi systématique dans chaque village d’un temple et d’une église témoigne de l’enracinement de la Réforme.
Dès le début du XVIIIe siècle, les deux villes centre se lancent dans un important projet de constructions militaires. Aujourd’hui, ce patrimoine militaire est un maillon important de l’identité du territoire et plusieurs sont déjà l’objet de réhabilitation exemplaire : l’ancienne cartoucherie à Bourg-lès-Valence devenu un pôle de compétitivité dédiée à l’image animée ; la caserne Bon de Romans abrite un centre commercial de magasins d’usines ; et enfin la caserne Latour-Maubourg de Valence est actuellement en cours de réhabilitation.

Un territoire rural qui se transforme

Au XIXe siècle, les nombreux cours d’eau ont favorisé l’essor d’une industrie papetière importante. Parallèlement, la sériciculture se développe largement, s’inscrivant dans le paysage par des alignements de mûriers. Les petites exploitations familiales laissent la place à des bâtiments plus importants qui abritent filatures et moulinages. Quelques exemples caractéristiques de ce patrimoine ponctuent le paysage : la manufacture Sanial à Bourg-lès-Valence, les Clévos à Etoile, les usines Béranger et des Rosiers à Chabeuil, les établissements Breynat à Beaumont-lès-Valence…

Des villes qui se développent

Romans l’industrielle…

Romans, ville fondée au IXe siècle, est un pôle artisanal et commercial majeur du Dauphiné jusqu'au XVIIIe siècle. Démarre alors une nouvelle ère de prospérité grâce à l’industrie de la chaussure et du cuir. Au IXe siècle, les chanoines de Saint-Barnard édifient sur les bords de l’Isère une vaste collégiale, à partir de laquelle la ville s’est construite. Joyau d’architecture au décor exceptionnel, elle est construite en molasse et possède encore des parties romanes d’origine. Ce trésor patrimonial domine le centre historique de Romans qui compte de nombreux hôtels particuliers du Moyen-âge et de la Renaissance, et une tour de l’Horloge élevée en 1429 et animée par un Jacquemart, symbole de la ville. Autre patrimoine religieux remarquable, l’ancien couvent de la Visitation : fondé en 1632, il abrite depuis 1971 le musée international de la chaussure. Mais Romans possède un autre atout majeur : un grand chemin de croix urbain constitué par 40 oratoires, chapelles et stations aboutissant au « Calvaire » dit des Récollets, en cours de restauration.

Valence, commerçante et administrative…

Ville romaine dépourvue de vestiges, le visiteur est invité à découvrir la période antique de Valence grâce aux collections archéologiques du musée d’art et d’archéologie, siège de l’ancien palais épiscopal aujourd’hui réhabilité.
La cathédrale Saint-Apollinaire reconstruite à l’identique après les guerres de Religion domine le centre historique et la place des Clercs à son chevet. Les décors de la maison des Têtes et de la maison Dupré la Tour témoignent quant à eux de la vitalité de la ville au XVIe siècle. Ces riches demeures Renaissance, organisées autour d’une cour intérieure, font écho à une curiosité architecturale, ancien tombeau de la Renaissance, connue sous le nom de Pendentif (du fait de sa voûte), classé sur la première liste des monuments historiques, en 1840.
Pourtant, la vitrine de la ville reste ses boulevards avec ces monuments d’architecture haussmannienne de la fin du XIXe siècle, construits en lieu et place des anciens remparts. Dévolus initialement à une activité bancaire et à de grands cafés, ils rappellent le dynamisme commercial de Valence à cette époque. Ils sont contemporains d’un autre édifice digne d’une préfecture de département, l’hôtel de ville IIIe République (1894), classé parmi les plus beaux hôtels de ville de France.
Aujourd’hui devenu l’emblème de Valence, le château d’eau de Valence, inauguré en 1971, a été conçu par le sculpteur Philolaos dans la ville nouvelle, sur la troisième terrasse.